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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques
de Colette Bertot. Novembre 2006 Les polytyques de Bern Wery - Petits formats et envolées chromatiques A la Galerie Quadri de Bruxelles |
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;; Il y a dans ces mouvements de foule, dans ces paysages chaotiques
traversés de personnages sans visage une densité d’expression qui relève à la
fois de la figuration libre et de l’abstraction lyrique. Ici, à la Galerie Quadri qui expose ses œuvres récentes, l’artiste fait
un pas de plus dans la pensée qui l’occupe et nous nous trouvons, ravis et
surpris, en présence d’évocations bibliques sans titres. Interprétation libre… Ses nouvelles peintures prennent donc la forme du triptyque fait de
trois panneaux joints. Les panneaux latéraux peints, face et revers, peuvent se
refermer sur la partie centrale comme à la grande époque des Van Eyck et des Memlinc aux panneaux latéraux représentants anges
musiciens ou généreux donateurs ! Bern Wéry ne
lésine pas sur la forme de ses exercices de style. Comme au temps des plus
belles images de communion, il y va d’arcs brisés et de voûtes d’ogive
encadrant son sujet pour le mieux limiter et raconter à sa manière, silencieuse
et floue, la marche d’une foule bigarrée évoluant entre ciel et terre sans
vraiment savoir ni d’où elle vient ni où elle va. Généralement peints à l’acrylique sur panneaux, les ciels sont
tourmentés et les personnages se bousculent dans un inextricable embrouillamini
de mouvements et de formes. Au pied de montagnes rouges, certains sont
agenouillés, d’autres sont assis et l’on devine le chatoiement de vêtements
verts, blancs, rayés… Peut-être est-il question de Rois Mages ou de Fuite en Egypte ? Les anecdotes bibliques sont nombreuses. Elles ont été interprétées par
moult artistes titillés par la Foi. Quand le ciel se fait nuancé de bleus, on songe aux rêveries poétiques
du Chagall de Vence déployant à tous vents ses coloris diffus et charmeurs. Quand l’artiste cultive le souci du cadre et peaufine ses bordures
"médiévales", on songe aux vitraux exécutés par Rouault pour
l’église d’Assy. C’est la richesse chromatique des pigments couvrant les traces d’encre,
toujours sous-jacentes, qui suscite l’émotion et sert de lien à la thématique
des œuvres. Plus on prend du recul, mieux on perçoit les forces de l’esprit qui se
cachent derrière intempéries climatiques et mouvements de foule. Parfois, comme
pour attirer le regard du spectateur, de petites saynètes de la grandeur d’un
timbre, illisibles mais empreintes d’une mystérieuse sensibilité, viennent
s’insérer à gauche ou à droite du panneau central. Entre humain et divin, entre espace et temps, le monde de Bern
Wéry est sans cesse prétexte à interpeller le spectateur et
l’image qu’il construit, à petits coups de pinceau nerveux, n’est que l’iceberg
émergeant d’une imagination bouillonnante nourrie aux sources de "l’âme" que les anciens nommaient simplement
"souffle de vie".
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Galerie
Quadri, 105 Avenue Reine Marie Henriette, 1190 Bruxelles. |
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| Vendredi et samedi de 14h à 18h ou sur r.v. | |
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Exposition accessible jusqu'au 25 novembre 2006. |
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A l’occasion de l’exposition, sortie de presse d’un court récit "Là-Bas" de François Emmanuel enluminé par Bern Wéry. Ed. Esperluète. |
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