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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques
de Françoise Bernardi. Septembre 2006 "ZOO", l'animal dans l'art contemporain : exposition inaugurale A la "Centrale électrique" de Bruxelles |
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;; Depuis juin 2006, Bruxelles compte un nouveau lieu d’exposition entièrement consacré à l’art actuel. Ce n’est pas sans une certaine fierté que Henri Simons, échevin de la Culture, a inauguré la Centrale électrique, nom repris de la précédente fonction du bâtiment. Il s’agit en effet de la première centrale électrique de la Ville de Bruxelles (1901-1903). L’espace est idéal et le projet ambitieux : une surface de 1000m2, des plafonds de 3,5m à 9m où des artistes belges et internationaux pourront exposer leurs créations. La vocation du centre est claire : rendre l’art contemporain, souvent considéré comme hermétique et parfois même élitiste, accessible à tous. La nécessité d’un centre d’art contemporain à Bruxelles n’est pas neuve. Même si l’Atelier 340 et le Markten se présentent déjà comme des références dans ce domaine, Bruxelles manquait jusqu’alors d’une infrastructure importante pour accueillir l’art contemporain. C’est désormais chose faite avec la Centrale électrique et très bientôt également le Wiels, une asbl privée située dans les anciennes brasseries Wielemans (5000m² !) restaurées par la Région. Grâce à ces importants investissements, Bruxelles sera bientôt une capitale incontournable de l’art contemporain. Pour son exposition
inaugurale, la Centrale électrique aborde le thème de l’animal dans l’art contemporain.
Zoo rassemble une trentaine d’artistes autour des rapports ambigus
entre l’homme et l’animal. La complexité de cette relation n’est pas
neuve. Depuis la préhistoire, l’homme utilise l’animal dans son art et
même dans ses rites. La littérature a également puisé une certaine
inspiration dans l’univers animal pour mieux mettre en avant les travers de
l’homme (les fables d’Esope et de La Fontaine). Abordé pour son caractère purement esthétique, l’animal peut être vu comme un modèle, presque un mannequin (Eric Poitevin, Gilles Aillaud, Balthasar Burkhard). L’animal symbolique (Jan Fabre), anthropomorphe (Alain Séchas), écologique (Cracking Art Group), violenté (Joël Bartoloméo) ou encore ami de l’homme (William Wegman, Per Maning), voilà les nombreux points de vue que l’exposition propose avec des artistes qui mettent en perspective leur conception de l’animalité et de l’humanité. A partir de cette thématique de l’animal, c’est finalement la question de l’identité humaine qui est posée, la place de l’homme et son rôle dans le monde des vivants. La limite entre l’humanité et l’animalité est parfois fragile (Balthasar Burkhard, Lama). Et c’est parfois avec humour (Alain Séchas, El Pacificator) et ironie que les artistes abordent cette thématique. Bête de somme (Eric Poitevin), objet de convoitise, de désir, déclencheur d’émotions vives, l’animal éveille des sentiments aussi variés que l’amour, la violence (Joël Bartoloméo) ou la crainte. L’homme pense déceler chez l’animal des sentiments humains. Parfois, des relations fortes peuvent se nouer même si le plus souvent, il s’agit de rapports dominants/dominés. Dans cet impressionnant zoo artistique, on retrouve des grands noms de l’art contemporain belge : Johan Muyle, Berlinde De Bruyckere, Jan Fabre, Carsten Höller, Pascal Bernier. Côté international : Oleg Kulik, Marie-José Burki, Balthasar Burkhard, Alain Séchas, Charlemagne Palestine, Cracking Art Group… Bref que du beau monde
pour une belle plongée dans l’univers d’un art contemporain pas si hermétique. Françoise
Bernardi,
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* "Zoo",
K. Knorr et
"Zoo", D. Nielznalska
"Zoo", J. Muyle
"Zoo", vue extérieure |
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La Centrale Electrique, European Center for
Contemporary Art, |
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Du mercredi au dimanche de 11 à 18h et jeudi jusque 20h. |
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| Exposition accessible jusqu'au 8 octobre 2006. |
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