LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques d'Anita Nardon.  Septembre 2006 
  "Plus d'opium pour le peuple", oeuvres de Johan Muyle 
  
Au BPS22 de Charleroi

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En 1988, les animateurs de 251 Nord à Liège tentaient une première exposition à Bruxelles, c’étaient "Les reines mortes" de Johan Muyle. Ce premier contact allait être déterminant car, comme moi, Johan Muyle était fils d’immigrés, des Flamands à Charleroi, ce qui est plus "national" que mon cas, mais avec la même envie de démontrer qu’on existe et qu’on a des choses à dire.

En 1997, il était aux Etablissements Sacré à Liège et il semblait rechercher la pureté de l’enfance avec des animaux empaillés et autres objets de récupérations.

J’ai retrouvé l’artiste en couleur et en pleine force créatrice à l’ISELP en 2001. Beaucoup de choses avaient changé et la découverte de lointains pays apportait un souffle différent. Les peintres de calicots de Madras étaient présents dans ces grandes œuvres maintenant animées et qui vous lançaient au visage tout le côté factice des rêves d’amour en 24 ou 36mm.

Mais entre l’enseignement et la participation aux biennales (Sao Paulo, entre autres), l’artiste a retrouvé son atelier, une certaine intimité, sa mesure personnelle des valeurs et l’énergie nécessaire pour approfondir, décrire et élever au niveau visuel, un véritable constat de société.

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Johan Muyle

Objets trouvés, récupérés, transformés, tout passe par une ironie souvent tendre mais qui le cache avec pudeur et une adresse technique certaine. 

Il suffit à Johan Muyle de disposer d’une boîte ayant contenu des biscuits, d’une coupelle et d’un jet d’eau pour plonger le visiteur dans un vrai décor, une de ces mises en situation qui font 50 cm et qui sont servies sur grand écran "pour le peuple".

C’est là une approche du siècle XXI, de sa perte de religion (l’opium du peuple) et du remplacement de celle-ci par des séries télé-débiles et des gadgets qui n’auront pas la vie longue. Le détournement de tout et de rien présenté dans une reproduction à l’identique de l’atelier de l’artiste, constitue une approche importante pour le visiteur qui ne voit à première vue que le côté amusant sans accéder dans l’instant à cette philosophie de vie qui est celle de Johan Muyle.

Entre enseignement (à Valenciennes), travail d’atelier (à Liège), lectures indispensables et voyages qui le sont tout autant, Johan Muyle est comme un phare planté dans l’océan de l’art contemporain.

Plus d’opium pour le peuple, phrase ambiguë s’il en est, sert de titre et de référence à cette fête superbement mise en scène au BPS 22, dans une ambiance de semi obscurité qui convient  à tous les tabous de la vie et de l’information actuelle qui, sous prétexte de tout dire, occulte souvent l’essentiel..

 Anita Nardon           
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Johan Muyle

 

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Johan Muyle

 

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Johan Muyle

 

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Johan Muyle

BPS 22, Boulevard Solvay 22, 6000 Charleroi.  

 

Du mercredi au dimanche de 12h à 18h.

Exposition accessible du 24 août au 10 décembre 2006 (prolongation).

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