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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques
de Colette Bertot. Juin 2006 Marie-Jo Lafontaine : I love the world A la Galerie Fred Lanzenberg de Bruxelles |
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;; Que
vient donc faire le foot, direz-vous, dans une chronique consacrée à l’art ? En
effet, si nous (disons, si les fans) déplorons l’absence sur le terrain
d’une équipe nationale, la Belgique sera bien présente et représentée (les
3, 4 et 5 juin) par le projet d’une artiste belge, Marie-Jo Lafontaine,
pressentie par un Commissariat International pour envoyer un premier message de
bienvenue à la Coupe du Monde. Marie-Jo
Lafontaine, artiste contemporaine est reconnue dans le monde entier pour ses
"installations", ses photos, ses travaux vidéos. Elle se surpassera
ici en conjuguant l’art et le sport, le ballon rond et la terre, ronde aussi. Le
soir, après le coucher du soleil, la ligne de gratte-ciel bancaires (longue de
3 km) de Francfort se transformera en une immense sculpture faite de lumières
et de sons, d’images et de couleurs. La performance est de taille et pour
l’avoir visionnée sur petit écran, nous avons pu en mesurer l’intensité
émotionnelle alors que nous sommes généralement peu sensible à l’aspect éphémère
de ce genre d’exercice. Mais…
Après Francfort que deviendra le projet ? D’autres que les participants
à cette kermesse du sport pourront-ils en découvrir les images fortes
ou prendront-elles place au placard ? Bien des questions nous viennent à
l’esprit auxquelles nous ne pouvons pas répondre si ce n’est, égoïstement,
que nous avons eu la chance de le voir. Sur
le thème "I love the world" Marie-Jo Lafontaine déroule, durant
quinze minutes de suspens, l’écheveau de nos vies à travers des yeux
d’enfants. L’enfant et le monde : deux sujets qui lui sont chers et
reviennent d’une façon récurrente tout au long de son œuvre. Si,
d’après le titre l’artiste aime le monde, elle ne l’aime pas tel qu’il
est mais tel qu’elle en rêve et c’est bien là le miracle de l’art
participant à la création d’un autre monde… tel qu’il pourrait être. Durant
ces minutes de vérité, les visages d’enfants projetés sur les tours
contemporaines de Francfort interpellent et posent les questions qui font mal. Quel
sort les attend ? Quel avenir leur est promis ? Seront-ils forts ou
faibles ? Vainqueurs ou vaincus ? Maîtres ou esclaves ? Et
les séquences se succèdent tel un message ininterrompu comportant espoirs et désespoirs,
soutenus par les bruits de la planète et fondus dans un enchaînement de bleus,
de rouges et de jaunes vibrant. Des visages de chefs d’état évoquent les
feux du pouvoir et l’argent. Trop d’argent d’une part, trop peu de
l’autre engendrant mensonges et frustrations. Et que penser des robots…
simples jouets, merveille de technologie ou réseaux numériques mettant en
route un dangereux système de contrôle ? Qui donc se cache derrière ces
masques d’animaux au museau charmant et trompeur ? Au
fil des images, les enfants deviennent ados et leur esprit s’enflamme. Violence,
pornographie, terrorisme et dangereux pouvoir des médias ! Mais
Marie-Jo Lafontaine, femme pétrie d’espérance, ne peut en rester là. Sur
des images endiablées de carnaval et de fête, les adolescents s’éclatent et
refusent de se laisser enfermer dans un monde paradoxal. Les adultes ne doivent pas toujours avoir le dernier mot, n’est ce pas, surtout quand la sagesse leur fait défaut. Et l’œuvre se termine sur un retour aux visages d’enfants libérés de l’angoisse, bien décidés à rire, rêver, s’exprimer. Les rêves parfois deviennent réalité…
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Marie-Jo
Lafontaine,
Marie-Jo
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Marie-Jo
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| Francfort. Sky Arena. Les 3, 4, 5 juin. Après le coucher du soleil. |
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