LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Colette Bertot.  Mai 2006 
  Le Petit Chaperon Rouge ne vieillit pas : Variations sur le même thème
  
Au Musée Communal de Woluwé Saint-Lambert 

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Il est des expositions qui passionnent, d’autres qui décoiffent et puis il y a celles qui rafraîchissent et font souffler un petit air d’enfance retrouvée.

Souvenez vous : "Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eut su voir"… Coiffez la d’un capuchon de velours rouge et l’imaginaire fait le reste.

Charles Perrault, dans "Les contes de ma Mère L’oye" écrits en 1695, donne une première version de l’histoire. Sans pitié, il abandonne la gamine aux crocs du loup. En 1812, plus humains, les Frères Grimm arrachent de justesse l’enfant et sa grand mère du ventre de la bête grâce à l’intervention providentielle d’un chasseur. 

Mais, il y a une troisième version de l’histoire, peu connue et véhiculée, dans la Nièvre vers 1885, par la tradition orale et selon laquelle la petite, abusée par le loup, dévore sa grand mère par lui mise en pièce et rangée au placard comme de la vulgaire bidoche !

Les légendes populaires ne meurent pas et le Petit Chaperon Rouge a traversé le temps paré de multiples variations.

L’exposition proposée au (charmant) Musée Communal de Woluwé Saint Lambert balade le visiteur entre Passé et Présent, entre rêve et réalité, entre image et texte.

Un joyeux mélange plus sérieux qu’il n’y paraît, l’homme racontant des histoires non seulement dans le but de distraire mais aussi et surtout "dans le but de fixer ses mythes et ses croyances, d’expliquer les fondements propres à sa culture"…

Avec sa capeline rouge et son petit panier, Chaperon Rouge est un conte initiatique, gardant toujours son mystère et inlassablement repris au fil du temps.

L’exposition s’attache donc à évoquer ce récit d’enfance célébré par de multiples talents. Parmi ceux-ci, épinglons un manuscrit des "Contes de ma mère l’Oye" délicatement coloré, datant de 1695 et provenant de la Pierpont Morgan Library de New York. Des gravures d’Elisabeth Bronitz, habituellement peintre de nus féminins, stigmatisant ici le grand méchant loup par le biais d’un regard assassin.

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Gustave Doré

Gustave Doré, superbe dessinateur du XIX° ne manquant pas d’humour, imagine, ici, un loup poilu juché sur une chaise et montant à l’assaut gourmand d’une grand mère joufflue. 

Là, une petiote à la chevelure abondante et montée un peu imprudemment dans le lit de cette étrange mère grand cachée sous son charmant bonnet de nuit et qui –mises à part des griffes redoutables– ressemble, tout compte fait, à un bon nounours de super marché !  

Edgard Tijtgat restitue le récit avec l’esprit primesautier qu’on lui connaît et cet art, bien à lui, de transformer en poésie toute histoire lui glissant entre les doigts.

Marin Strebelle (comme toujours) nous amuse avec 12 timbres-aquarelle et encre illustrant le Petit Chaperon Rouge de Luc Broché. La bobine de la gamine n’a d’égal que la tronche du fauve édenté !

Et puis attardons-nous sur les publicités, puzzles, chromos, objets quotidiens faisant la part belle à notre héroïne et Dieu sait s’il y en a.

Quelques photos un rien ambiguës (de Christophe Clark et Virginie Pougnaud, entre autres) célèbrent la petite femme en herbe susceptible d’aguicher le grand méchant loup sans oublier, dans la jolie rotonde de la bâtisse, Le loup et Chaperon Rouge, version Coco Chanel . Sensuels et parfumés…

Signalons aussi la qualité d’un catalogue accompagnant l’exposition et expliquant de façon très fouillée la fonction du conte, le vocabulaire d’antan, le vêtement et sa couleur.

  Colette Bertot         
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les miniatures 

 

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Charles Perrault,
Bandeau du manuscrit

 

 

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René Hausman

 

 

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Clarck et Pougnaud

 

 

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Sarah Guilloux

 

 

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Le Petit Journal

Musée Communal de Woluwé Saint Lambert. 40 rue de la Charrette.  

 

Du mardi au dimanche de 12h à 17h30.

Exposition accessible jusqu'au 25 juin 2006.

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