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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Mars 2006 André Romus et Nic Joosen ; deux artistes, deux sensibilités A la Galerie Faider de Bruxelles |
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;; Nous
entamions la visite de cette double exposition en donnant la priorité à Nic
Joosen pour la simple raison que nous connaissions l’œuvre de ce sculpteur (préfère-t-elle
"sculptrice" ?), fille et petite fille d’artiste
orientée très jeune vers l’art pour bifurquer ensuite vers un atelier de
maquettes de théâtre, opter pour la sculpture, succomber aux sirènes de
l’audiovisuel et poursuivre sa cavale du côté de nouveaux matériaux. Tournant
le dos aux classiques pierre, marbre, bronze, tout en ayant "le spectacle
sculptural" chevillé au corps, elle se lance dans l’aventure de
l’acier. Si
le matériau change, les formes (aussi) se libèrent. Elles se déstructurent,
s’engagent dans la voie d’autres équilibres, prennent de solides postures géométriques,
portent nom "Cube", "Mobile", "Polyèdre"
s’ancrent au sol, se lovent, s’étirent, s’emboîtent et jouent avec la
lumière. L’acier
Corten, puisque c’est de lui qu’il s’agit, change de couleur au gré du
soleil et de la pluie. Parfois velouté, parfois rugueux, il rougit,
s’assombrit , respire. Même s’il nous a longtemps paru parent pauvre de
la sculpture, il a incontestablement acquis ses lettres de noblesse. A
mettre au fond d’un jardin comme symbole d’une nouvelle réalité
artistique. Sous la pluie ce sera encore mieux ! André Romus - Matières organiques Toute
autre est la démarche d’André Romus, philologue, producteur à la RTBF et
qui rencontre, un jour, le peintre Soulages après lui avoir consacré un film.
Une telle rencontre ne peut laisser indemne et si l’artiste français taille
ses œuvres dans l’épaisseur d’une sombre monochromie rythmée par le
dialogue de la matière et de l’outil, André Romus éveille la lumière à
coups de tracés longs et larges, de contre-jours puissants, de vibrations
fortes et réalistes. A l’occasion d’une exposition il est toujours passionnant de rencontrer l’artiste susceptible d’expliquer sa peinture et André Romus le fait avec la simplicité de qui "vit sa peinture comme mode de connaissance de l’univers". Sans esbroufe, il dit sa préférence pour les matières organiques ou minérales. Le quartz, le bitume, parfois la chaux qui donne de belles colorations mauves. La raclette est son outil de travail privilégié. Comme le laboureur trace son sillon, il écrase puis étale la pâte qui forme de larges rayures. On imagine le geste ample et on mettrait bien un titre sur certaines de ces œuvres q’il veut résolument abstraites mais évoquent pour nous les livres d’une bibliothèque ou les toits sous la pluie. Sans souci de titre donc, l’artiste s’applique
à poser une matière dense (si dense qu’elle durcit comme la pierre) à
relever l’outil parfois pour que filtre un rayon de lumière comme si un coin
du ciel venait bousculer l’ordre établi. Au
fil des œuvres, qu’elles soient sur toile, bois ou papier, on sent la matière
rebelle. Elle résiste, renâcle, se pose comme bon lui semble et non comme
l’artiste voudrait lui imposer, avec imperfections et accidents de parcours. Cela
donne d’insoupçonnables élans d’énergie, d’austères effets de
brillance et de matité alternant ténèbres et clarté. Des gris retenus, des
noirs sensuels, des bruns de terre, des bleus outremer, des juxtapositions d’émotions
fortes. Pour
Romus, dont le travail nous a séduit, "l’acte de peindre est un
investissement total. C’est un acte de vie philosophique et mental"…
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Nic Joosen
André Romus
André Romus
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| Galerie Faider. 12 rue Faider. 1060 Bruxelles. |
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Du
mercredi au vendredi de 14h à 19h. Samedi de 14h à 18h. |
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Exposition accessible jusqu'au 19 mars 2006. |
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