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LA LETTRE MENSUELLE |
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chronique de Marie-Pierre Desmergers. Février 2006 L'actualité de l'art belge et en Belgique fut et sera riche fin 2005 "Le" mois des ventes prestigieuses, des portes ouvertes... |
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;; Et
justement, où résident les barèmes du défi ? Qu’est-ce qui prime
avant tout ? Serait-ce la qualité des œuvres, toutes époques, techniques
et civilisations confondues ? Ou bien est-ce le chiffre d’affaire total ?
Ou encore le nombre de pièces vendues et invendues ? Finalement, pour résumer,
ne pourrait-on pas dire que c’est une histoire de gros sous ou de sensibilité
artistique ? Tout dépend des prétentions de chacun, bien évidemment. Une chose est sûre, c’est que les grosses pointures affichent clairement leur préférence. Ainsi, Christie’s et Sotheby’s publient fièrement leur chiffre pour 2005. En tête du top 10 des oeuvres les mieux vendues, la deuxième salle avec 32,5 millions de dollars en juillet dernier pour une huile sur toile de l’italien Antonio Canal, plus connu sous "Canaletto". Il s’agit comme de coutume d’une vue de Venise : "Le grand canal de Venise depuis le Palazzo Balbi jusqu’au Rialto". En
deuxième position on note, chose exceptionnelle, un vase en porcelaine de Chine
"bleu blanc" d’époque Yuan (1279-1368 après JC), qui trouva acquéreur
à 27,6 millions de dollars chez Christie’s. C’est d’ailleurs cette dernière
qui se place en pool position pour 2005. Son directeur, Edward Domal,
annonce que la firme a obtenu un chiffre d’affaire et un niveau de
profitabilité jamais atteints jusque-là : soit un total de 1,8 milliard
de livres sterling. Des chiffres à faire tourner la tête ! Plus
modeste est le marché de l’art en Belgique. Petit mais actif ! Tout le
monde attendait en cette fin janvier l’événement national en matière
d’antiquités : la Foire des Antiquaires de Belgique. Cette 51ème
édition fut la première pour sa présidente Grethe
Zeberg qui a tenu à apporter quelques innovations
à seule fin d’élever encore plus haut le niveau. D’abord la superficie de plain pied de l’exposition augmente de 30 %, soit aujourd’hui 12 315 m², et suit l’aménagement scénographique créé par le cabinet Volume Architecture. Puis le nombre d’exposants passe de 99 à 120 venant de 8 pays européens, soit 40% d’étrangers. Localement, on retrouve avec plaisir l’anversois Ronny Van de Velde et le liégeois Albert Vandervelden. Quant aux nouveaux, ils sont français comme Christian Deydier, spécialiste de la Chine, comme Antoine Lebel, professionnel de la porcelaine de la Compagnie des Indes, comme Patrick Perrin et Giorgio Salvai pour l’art français du XVIIIe siècle, et enfin la galerie Mermoz pour l’art précolombien. De Genève, nous vient la galerie Phoenix qui présente des antiquités égyptiennes, grecques et romaines. Enfin, une image plus jeune et plus moderne devait être donnée : les marchands spécialisés dans l’art du XXe siècle sont de plus en plus nombreux, et ce aussi bien pour l’art plastique, que pour le mobilier et les objets décoratifs. On remarqua même une petite poussée vers l’art contemporain. Et tout ceci dans une ambiance feutrée et conviviale ! Le
mot de la fin sera pour la présidente qui plus que jamais donne le ton en
rappelant que sa première exigence est la qualité des œuvres exposées,
"une exigence qui est une forme de respect à l’égard des visiteurs
et des amateurs d’art et d’antiquités". Il nous faut attendre
quelques jours pour connaître les répercussions de l’événement tant sur
les professionnels que sur les visiteurs. A suivre… Pour
le reste de la profession, le mois de janvier reste un mois calme. C’est
qu’il faut préparer les ventes de printemps qui généralement présentent
les premières belles pièces de l’année. C’est donc un mois "fourmilien" :
c’est un temps pour stocker la marchandise, et la belle marchandise si
possible. Vous avez sans doute remarqué dans vos quotidiens que les appels à
la vente et autres avis d’expertises gratuites sont nombreux. Ceci explique
cela. Cela
explique aussi pourquoi les ventes aux enchères publiques n’ont pas marqué
l’actualité en janvier. Mais il vaut tout de même la peine de rendre compte
des quelques adjudications qui se sont élevées ces derniers jours. Retenons surtout celles des 16 et 17 janvier chez Horta où la pièce majeure était un vase d’Emile Gallé. Peu courant, ce petit bijou à coloration intercalaire et décoration florale d’application et de marqueterie trouva preneur à 30 000 € pour une modeste estimation entre 5 000 et 7 000 €.
A
venir et à ne pas manquer pour les amateurs de jouets anciens et plus précisément
de réductions, chez Flagey à Bruxelles, le 14 février
se tiendra une vente de véhicules automobiles de 1900 à 1938 de la collection
Gérard avec les marques Citroën, Carette, Bing, Gunthermann,
et bien d’autres … Pour
conclure sur le marché de l’art en Belgique, rien de tel que l’annonce de
la publication par la Fondation des Arts du deuxième exemplaire du guide "Contemporary
Art in Belgium". En plus du recensement des 140
lieux d’expositions et de l’index de plus de 2 000 artistes, il a le mérite
de s’enrichir d’une rubrique spéciale consacrée au marché de l’art,
d’interviews de collectionneurs belges et d’une réflexion du critique
d’art Filip Luyckx sur
les développements récents en matière d’art. A compulser pour la somme de
30 €. Sur
ce, bonne lecture ! Marie-Pierre Desmergers |
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Canaletto
Vase chinois
Vase Gallé
Retiré
:
F. de Braekeleer
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