![]() |
LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de Vera Lewijse. Novembre 2005 ExtravagANT, Peintures anversoises pour le marché européen Au Musée des Beaux-Arts d'Anvers |
|
;; Depuis l’édition de l’Opus magnum de Friedländer[1], la publication du catalogue de cette exposition au Musée des Beaux Arts d’Anvers est le premier ouvrage de référence concernant ‘les maniéristes anversois des années 1520‘. A nouveau, une discussion a vu le jour entre les spécialistes internationaux au sujet de l’identification de certains maîtres et leur atelier. Max Friedländer fut confronté à de nombreux tableaux et dessins datant de 1500 à 1530, exécutés par des maîtres anversois inconnus. Il leur attribua la dénomination collective -un peu contrariante et malheureuse- de Maniéristes anversois vers 1520. Ainsi
il créa une confusion avec les artistes appelés traditionnellement maniéristes
de la Renaissance Tardive, tels que Parmigianino (le Parmesan), Pontormo,
Bronzino ou Spranger, peintres qui annonçaient déjà les phases initiales du
Baroque alors que les maîtres anversois des années 1520 maintenaient encore
la tradition du gothique tardif. Les noms exacts des maîtres anversois lui
restaient pour la plupart inconnus. On parle du Pseudo-Bles,
du Maître de l’Adoration de Von
Groote, du Maître d’Amiens,
du Maître de l’Adoration d’Anvers et du Maître de 1518.
La croissance rapide d'Anvers a été le phénomène le plus marquant du seizième siècle. La richesse et la prospérité régnaient grâce aux investissements étrangers entre autre liés au régime de libre-échange qui prévalait durant les quatre à six semaines des foires annuelles. L’art prospère avec l’opulence. A ce point que seule la ville de Rome hébergeait plus de peintres que la ville d’Anvers. Le potentiel de vente déterminait le sujet et le style. Le ’maniérisme anversois’ est un phénomène de mode. Le ‘style’, qui n’est pas vraiment un style mais une manifestation de joie et le résultat d’offre et de demande, se caractérise par l’excès, l’abondance dans l’emploi de couleur. Tout court : le trop. L’arrière-plan de ces oeuvres montre une architecture hétéroclite
surchargée d’ornements du gothique tardif et de motifs de la Renaissance. Les
‘maniéristes anversois’ favorisaient la virtuosité au détriment de la
monumentalité. Il n’y a aucune distinction entre l’essentiel et le
secondaire. De préférence, ils positionnent les personnages en triplettes et
souvent vus de dos, dans des attitudes tordues. Une quarantaine de tableaux et autant de dessins
ont étés sélectionnés par Peter van den Brink (du Suermondt-Ludwig Museum à
Aix-la-Chapelle) dans différentes collections européennes. La plupart de ces
dessins quittent pour la première fois les cabinets des estampes de Vienne,
Berlin, Londres et Paris. À l’occasion de cette exposition certains tableaux
importants ont été restaurés à Anvers : La
fête de la Guilde des Archers du Maître de Francfort, la
Madeleine de Quinten Metsys et le petit triptyque du Maître de l’Adoration
d’Anvers. Absolument fabuleux sont le Triptyque de la Sainte
Famille aux Anges Musiciens du Pseudo-Gossaert (Museu de Arte Antiga, Lisbonne), le petit
triptyque du Maître de l’Adoration d’Anvers (Musée Royal des Beaux-Arts
d’Anvers), le tableau du même nom du Maître de l’Adoration de Von Groote (Kitzburg),
le Triptyque de l’Adoration des Mages
de Jan de Beer (Brera, Milan) et du même artiste, un projet unique pour un
vitrail représentant l’Arbre de Jessé (Albertine, Vienne).
À partir de 1451, le
proverbe était également représenté dans un tableau. La majorité de ces
panneaux a été détruite au XVIIIe siècle. L’exposition d’un des
rares panneaux encore existants est tout à fait exceptionnelle. L’organisation d’une exposition de ce niveau
est toujours un morceau de bravoure, mais les responsables de la scénographie,
Johny Van de Vyver et Kris de Mey méritent une mention particulière. L’exposition sera présenté au Musée Royal
des Beaux-Arts à partir du 15 octobre jusqu’au 31 décembre 2005 et ensuite
au Bonnefantenmuseum à Maastricht (NL) à partir du 12 janvier jusqu’au 9
avril 2006. Je en vous souhaite une bonne visite ! Vera Lewijse
|
Anonyme,
Maître de
Maître de 1518
Maître Ad. Anvers
Maître de Von Groote
Pseudo Bles
Maître d'Amiens (attr) |
|
Koninklijk
Museum voor Schone Kunsten Antwerpen, |
Maître Ad.
Anvers, |
|
Renseignements
et réservations :
|
|
|
8
€ (exposition + collection permanente) |
|
|
Du
mardi
au samedi : de 10h00 à 17h00 - Dimanche: de 10h00 à 18h00. |
|
| Jusqu’au 31 décembre 2005. |
Copyright © 2005 Mémoires et Vera
Lewijse.
Tous droits réservés.
Les autres articles sont accessibles via nos
archives.
Inscrivez-vous pour recevoir les
infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre
Retour à l'accueil