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LA LETTRE MENSUELLE |
| Un
article de Vera Lewijse. Novembre 2005 La vie au XIXe siècle illustrée par la peinture Introduction à une belle série |
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;; Loin d’être seulement une série de touches de couleur sur une surface
blanche, ou un arrangement réfléchi de divers éléments sur une surface plane, une
peinture est d’abord peut-être le reflet de la situation économique et sociale
d’une société à un moment bien précis. Pour mieux la comprendre, il est utile d’appréhender comment les choses se passaient à l’époque où cette toile a été peinte. Mises à part les descriptions académiques d’ambiances, de paysages, de
natures mortes et de tableaux historiques, apparaissent à partir de dix-huit
cent cinquante, comme développements les plus spectaculaires, le réalisme et le
naturalisme. De lors l’attention pour
des images de la vie quotidienne se révèle centrale. Coucher sur la toile les occupations de la vie de tous les jours causa
un grand scandale. Scandale qui se répéta au début du vingtième siècle lorsque Marcel Duchamp exposa un urinoir en défendant l’idée que l’idéologie et le
choix de l’artiste sont d’une plus grande importance que l’œuvre en soi. Et
de cette manière rendit encore plus actuelle la question ‘ceci est-il de
l’Art ? ‘. Quel va être l’objet de notre recherche ? Grâce à ces peintures qui soulignent le ‘vrai’, littéralement comme
figurativement, comment pouvons-nous nous faire une idée de la société de cette
époque ? Pouvons-nous nous faire une idée de la vie quotidienne au dix-neuvième
siècle par le biais de ce que des peintures nous racontent ? Ces peintures
nous parlent-elles du comportement moral et social ? Peut-on y trouver un
reflet de la situation économique et sociale ? Si l’approche philosophique qui nourrissait ces artistes nous échappe,
il est en effet évident que l’art de cette époque reste impénétrable. Ne reste
alors que le jugement d’ordre éthique ou esthétique. Et ceci n’est-il pas
strictement d’ordre personnel ? Une œuvre d’art est réalisée par l’artiste
mais le traducteur en est le spectateur. L’art contemporain ne se laisse jamais facilement analyser. Il n’en
allait pas autrement au dix-neuvième siècle.
Pour l’œuvre rénovateur d’un Turner, Manet ou Monet, le public ne
manifesta au début aucune compréhension. Turner ‘ne savait pas peindre’, Manet ‘enquiquinait une toile avec de la
peinture’ et Monet ‘était immoral’, disait-on. Après tous les -ismes auxquels le spectateur d’aujourd’hui est habitué,
il peut sembler étrange que toute une diatribe éclata au sujet d’une peinture
qui présentait un éventail, un tailleur de pierre, quelques bateaux sur une
plage, une femme nue. Mais alors ’le
vrai’ au 19e siècle, comment se présentait-il ? Où cela se passe-t-il ? Nous nous concentrons sur l’Europe telle qu’elle se présentait après le
congrès de Vienne en 1814-1815. Les principaux participants à ce congrès furent
l’Autriche, Jusqu’au milieu du siècle, la politique de restauration fut assez
efficace. Dans nos contrées, les acquis de Les influences politiques La période dont nous voulons traiter s’étend des années 1815 à plus ou
moins 1900. Le dix-neuvième siècle fut déterminé par trois grands courants
politiques. Le libéralisme conduit à des
révolutions et la création de nouveaux états tels l’Italie et l’Allemagne
nourris par le nationalisme sous
l’influence du rationalisme et du romantisme. Egalement par l’impérialisme. L’impérialisme mène au
concept d’empire et motive les expansions coloniales. Dans le dessin de Gustave Doré, Liberté,
nous voyons un personnage qui illustre la liberté. Doré se réfère à son ‘Défense de Paris
(Mémoires de 1870)', qui traite un
événement de la guerre Franco Prussienne. Les circonstances politico-sociales La période 1870-1940 est aussi l’époque de la grande expansion coloniale
européenne. De cette manière apparut un grand courant d’émigration vers l’Amérique
du Nord et l’Amérique Latine. Les plus importants ports d’émigration étaient
Londres, Brême, Le Havre et Anvers. Ceci fut entre autres illustré en Belgique
par Eugène Laermans, Les émigrés (1896) et par Louis van Engelen, Emigrants Belges
(1890), deux toiles en la possession du Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers. En
Angleterre, nous avons Richard Redgrave
(UK 1804-1888) avec The Emigrants last sight of home – Le dernier
regard de La bourgeoisie Dans les arts et les sciences, la bourgeoisie talentueuse aspirait à un
plus haut statut dans la société : à une position selon prestige qui pourra
rivaliser avec une position selon fortune - c'est-à-dire lié au capital acquise.
Ainsi, après qu’ils furent médaillé, le peintre
Allemand Adolph Menzel reçut le titre de noblesse ‘von’ Menzel et Guillaume Vogels le peintre Belge, devint le
Baron Vogels. Dans les journaux on pouvait lire qu’en Amérique, des vendeurs de
journaux étaient devenus millionnaires. Aristide Boucicaut, le fils d’un simple chapelier, créa à Paris le grand
magasin Le Bon Marché et valait 22
millions de francs à sa mort en 1877 .[1] C’étaient là des histoires qui faisaient rêver les gens et qui
représentaient de nouvelles données. Dans les siècles précédents, jusqu’à la
charnière que représente la révolution Française, le système des classes était
inébranlable. Les similitudes entre les bourgeoisies internationales se font jour à
l’étude des tableaux de genre peints par aussi bien les peintres Néerlandais,
Belges, Français, Allemands, Polonais et Britanniques. La manière selon laquelle la vie maritale s’y présente, l’attitude
envers la vie et la mort, envers l’enseignement pour les femmes, les intérêts
économiques personnels, les agendas religieux et surtout ’ce qui se peut et ne
se peut pas’ sont similaires dans les différents pays. L’émerveillement Mais y apparaissent également d’importantes données liées à
l’émerveillement. C’est le siècle qui a connu d’incalculables inventions telles
la photographie, l’alphabet morse, la découverte de la dynamite, le
phonographe, le téléphone, la première automobile, les rayons Röntgen, etc. etc. Un énorme courant d’informations et d’échanges va s’établir quand, grâce
à l’installation de câbles sous-marins en 1850, la première communication
télégraphique sera établie en 1866 entre l’Angleterre et les Etats-Unis. En l’année où Manet peint ‘ Le
déjeuner sur l’herbe’ (1863), The Metropolitan Railway inaugure à
Londres le premier ‘subway’, le premier métro. Le concept victorien C’est le siècle auquel nous sommes redevable du concept ‘Victorien’. Peter Gay[2] souligne que le terme Victorien (littéralement l’époque couvrant la période qui commence
avec le couronnement de la reine Victoria en 1837 jusqu’à sa mort en 1901),
terme qui se réfère dans un
sens plus restreint aux goûts, aux
mœurs aux coutumes britanniques et plus généralement anglaises, est en fait
d’application pour la période entre les années 1815 et 1914. C’est-à-dire entre
la défaite finale de Napoléon et l’éclatement de la première guerre mondiale. Le concept de Victorien ne se limite pas au seul Victorien Britannique
mais s’applique également à Peter Gay accentue que malgré ces différences, un lien de famille se fait jour entre les diverses bourgeoisies. Des bourgeoisies qui se divisent à leur tour en sous catégories et ainsi en une hiérarchie qui s’y trouve liée. Les différences entre les diverses ’classes moyennes’ apparaissent clairement dans le processus de mariage : se marier en dessous de son niveau ne se fait pas. L’ambition était toujours d’accéder à un niveau plus élevé. Les différences de classes devaient être maintenues, mais individuellement on essayait toujours de s’élever dans son propre rang social. La famille La famille était considérée comme la pierre angulaire, l’institution
centrale de la société. Les filles entraient dans le mariage sans beaucoup de notions ‘des choses
de la vie’. Discussions ou allusions sur les aspects sexuels de la chose
étaient soigneusement évités par les parents et les enseignants : ‘Close your eyes and think of England (Ferme
tes yeux et pense à l’Angleterre). Les rapports entre une femme et un homme
étaient considérés en terme de relation d’autorité envers un inférieur. Tout
cela conduisait à l’insatisfaction, au chagrin et à beaucoup de misère. Il
n’était pas non plus anormal qu’un homme ait une maîtresse. Rarement un mariage
était-il rompu officiellement. Au même temps la prostitution fleurît et le prolétariat grandît. Nous regarderions de plus proche le Mariage et L’amour et le Sexe et l’érotisme. Pourquoi ? Il est intéressant d’illustrer par des peintures les similitudes et les
différences d’un siècle par ailleurs plein de contradictions. La richesse qui
se dégage de la bourgeoisie en opposition avec l’oppression du prolétariat.
L’exploitation du peuple en tant que motricité de travail à la
suite de la seconde révolution industrielle fut une source d’inspiration pour
de nombreux peintres. Les mouvements picturaux tels le romantisme, le réalisme, le
naturalisme, suivis par l’impressionnisme, le post-impressionnisme et le
symbolisme sont autant de traductions des courants économico sociaux qui
caractérisent ce siècle.
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[1] Peter Gray, Amsterdam 2003, p. 30 [2] Peter Gay, le professeur Emeritus en
Histoire de l’université de Yale (USA) est un historien qui approche
l’historiographie du point de vue de l’Histoire de |
Menzel |
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Bibliographie
: H.W. Janson, History of Art. 5th ed. Rev. Selz J., Turner, Bonfini P.C., 1977. |
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