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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique d'Adrien Grimmeau. Novembre 2005 Panamarenko aimerait voler : vaste rétrospective Au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles |
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;; Bonne ou mauvaise
idée ? Bonne, suppose-t-on : elle rajeunit le musée et son public,
décloisonne l’institution. Le débat n’est pas si évident pourtant, puisque
Panamarenko lui-même a avoué, au vu de sa rétrospective,
qu’il décidait d’arrêter de créer, ayant tout dit. Plein de vie, le
musée ? De fait, l’exposition n’apparaît pas
aussi vivante que l’on aurait pu l’attendre. Alors que Panamarenko,
artiste par excellence de la fuite poétique et de la liberté utopique, passait pour
un choix idéal dans l’optique d’ouvrir une institution que certains considèrent
par définition comme un « mouroir de l’art », les œuvres de l’artiste
semblent s’imprégner de ce climat plutôt que de transmettre au lieu leurs rêves
de grandeur. Panamarenko a consacré sa vie à la construction d’engins hasardeux de locomotion : sous-marin, voitures volantes, zeppelin, parachutes à hélices et autres tapis volants, qui fonctionnent tous … mais jamais correctement. Avec moult plans a priori précis, et à partir d’observations rigoureuses d’exemples naturels (insectes, oiseaux, …), l’artiste crée des machines qui permettent théoriquement de voler, de marcher sur l’eau, de marcher (!), etc. Comparé à Léonard de Vinci,
Panamarenko,
lui, a la particularité de créer ses machines à une époque où existent les
avions hypersoniques et les fusées spatiales. Le décalage est donc intrinsèque :
ses inventions hasardeuses tiennent plus de l’utopique poésie d’une fuite
impossible, mais toujours à échelle humaine, que de la révolution scientifique.
Le projet est beau : passer sa vie à
inventer des machines impossibles et à les construire ; s’arranger pour
que tous ces objets fonctionnent (« Seulement, ils ne fonctionnent pas à
100% », avoue l’artiste), la poésie est-là, précisément, dans cet
impossible rêve. L’idée d’envahir le musée à l’aide de
tels engins paraît belle. Et elle l’est effectivement, quand on voit un Aeromodeller de 27,5 mètres de long flotter au centre du
grand hall d’entrée du Musée, devant les massives œuvres symbolistes de
Constant Montald. Mais une fois franchi le grand
hall, la succession d’objets apparaît comme un peu lassante, et la poésie
souffre rapidement d’une exposition sans charme, où les ballons ne volent plus,
les vaisseaux individuels sont posés, esseulés, à terre, et les parachutes ne
sont qu’à moitié dépliés, faute de place. L’utopie est quelque peu emprisonnée … Guidés par l’absolu de liberté de
Panamarenko, les concepteurs de l’exposition ont inventé un
circuit libre, que le visiteur construit à sa guise. Hélas, le corollaire de
cette idée intéressante est l’absence de continuité, de progression. Mise à
part une salle consacrée aux plans de l’artiste, les machines se suivent et ne
peuvent s’empêcher de se ressembler, puisqu’aucune
explication ne vient en enrichir la lecture. Pas de photos d’essais, aucune
vidéo pour vérifier l’efficacité relative de ces objets. On pourrait comparer
la présentation à un alignement de voitures de courses, splendides, certes,
mais tellement peu parlantes inactives … Les pièces elles-mêmes contiennent leur
dose de poésie. Le monde de l’artiste, nettement inspiré par l’univers des
bandes-dessinées et de la science fiction (Panamarenko admet l’influence des robots de Star Wars sur
certaines machines), est touchant. Certaines pièces sont vraiment attirantes,
tels ces Archéoptéryx, oiseaux préhistoriques, modélisés en bois et fonctionnant
à l’énergie solaire. Mais dans l’ensemble, la liberté semble tant être restée
hors les murs du musée … Ceci dit, soyons sincères : la
plupart des gens semblent apprécier, et la visite est idéale en famille. Adrien Grimmeau, |
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Panamarenko
Panamarenko
Panamarenko
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Musées Royaux
des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles. www.expo-panamarenko.be |
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Du mardi au dimanche, de
10 à 17h, Le jeudi jusque 21h. |
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| Jusqu’au 29 janvier 2006. | |
| Le ticket donne droit à la visite de la collection complète des Multiples de Panamarenko exposés dans le Hall d’entrée de la Banque Dexia (44, Boulevard Pachéco, 1000 Bruxelles). |
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Grimmeau.
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